Pour une fois, le créateur d’automobile s’est fait griller la politesse. C’est Mercedes en premier qui a ressorti des armoires de l’histoire le concept de coupé-cabriolet avec le SLK et c’est le Lion qui l’a popularisé avec la 206 CC. Le Losange ne pouvait pas décemment laisser passer le train sans réagir. Hasard du calendrier ou pas, alors que Peugeot sort sa 307 CC, Renault lance en cet automne 2003 une Megane CC, histoire ne pas laisser au Lion le monopole sur ce créneau moins niche qu’il n’y paraît. Le segment des coupés-cabriolets a le vent en poupe. Renault s’y engouffre.
Toit vitré : bonus en terme d’image
Il s’y engouffre avec sa famille emblématique, la famille Mégane qui
ne cesse de s’enrichir. Arrivant
avec un petit temps de retard sur ce segment des coupés-cabriolets, Renault se doit d’innover. A la recherche du temps perdu … Pour se faire, les ingénieurs ont sorti de la boîte à malice un toit en verre panoramique signé Karmann, un équipement supplémentaire pour voir aussi le ciel les jours de pluie ou de grand froid. Question, est-ce réellement un plus ou juste une façon d’en donner davantage, pour faire plus que la concurrence et s’en démarquer ? Certes, le toit vitrée en verre Vénus 40 de 3,15 mm d’épaisseur apporte un bonus en terme de luminosité à bord mais un coupé ne demande-t-il pas au contraire une petite dose d’intimité. Qui sait ! Ce qui est certain, c’est qu’installé à l’avant, on ne profite que peu de cet équipement plus sûrement dédié aux passagers arrière qui, comme sur la Peugeot 307 CC, ne profitent pas d’un espace pléthorique - 85 mm de rayon aux genoux à l’arrière - et qui, avec les sièges là aussi inclinés à 21° ne seront pas disposés à faire un long voyage. Comme le suggère la publicité où l’on voit un jeune garçon reluquer les jolies jambes d’une propriétaire de Mégane CC même un jour de pluie, voilà qui nous donne à penser que le toit en verre panoramique est surtout un plus pour les veinards qui se trouvent perchés sur banquette des bus scolaires. Quoiqu’il en soit, ce toit
unique “ Plein Ciel ”, apporte tout de même une connotation plus fun encore à cette Megane CC, véhicule d’image s’il en est. Ce toit ultra technologique génère bien sûr un supplément de poids remarquablement bien géré cela dit par les ingénieurs du Losange. La Megane CC pèse en effet environ 100 kg de moins que la 307 CC qui n’est pas dotée d’une telle surface vitrée. Bien joué Renault, d’autant que le toit vitré Karmann est capable de se replier en 22 secondes de manière entièrement automatique dans le coffre soit trois secondes de moins que sur la Peugeot 307 CC. Seul petit handicap, l’opération doit obligatoirement se dérouler à l’arrêt alors que la Peugeot se permet de l’exécuter en roulant à moins de 10 km/h. Une fois rangé dans le coffre, le toit replié ne laisse que peu de place aux bagages sur la Mégane : 190 litres contre 204 à la 307 CC. C’est en version coupé, toit au-dessus de la tête que la Megane CC prend l’avantage - 490 litres contre 350 litres - au prix d’une bombe anti crevaison, la 307 disposant d’une vraie roue de secours. Des plus et des moins à appréhender différent suivant les besoins.
Bloc diesel ad hoc
Outre donc le toit vitré panoramique qui renforce le potentiel image de la Megane CC, Renault
propose dès sa sortie, la Mégane CC en version diesel. Une voiture passion certes mais avec une bonne
dose de pragmatisme. Là où Peugeot opte pour l’exception avec un intérieur plus sophistiqué et des motorisations essence performantes, Renault fait le pari de l’accessible avec un bloc diesel qui devrait selon le marketing de la marque peser près de 40% des ventes de Megane CC. Louis Schweitzer est clair : “ La Megane CC est un véhicule de conquête ”.
Notre essai débute donc pas ce coupé-cabriolet diesel qui renvoie les grands débats sur l’incongruité des cabriolets diesel aux calendes grecques tant les bloc gasoil d’aujourd’hui n’ont plus rien à voir avec ceux d’antan, ne serait ce même que cinq ou six ans en arrière. Le 1.9 dCi de 120 ch, peu bruyant et aux vibrations contrôlées, colle parfaitement à la vocation du véhicule. Sortie de Séville en ce début d’automne encore marqué par la canicule estivale. La position cabriolet nous sied à merveille. A bord, on reconnaît la touche de la famille Megane avec une finition bien ficelé mais largement moins exclusive que sur la 307 CC. C’est bien fait sans plus et l’on regrette toujours cette casquette un tantinet disgracieuse au-dessus des compteurs.
Notre cabriolet quitte la ville pour la campagne andalouse et ses routes bordées d’oliviers et de taureaux ex-publicitaires devenus patrimoine de l’Espagne. Le bloc diesel s’affirme à chaque reprise. Il permet même des accélérations assez soutenues avec un 0 à 100 km/h en moins de onze secondes. Ce 1.9 dCi permet de rouler tout en souplesse grâce au couple canon de 300 Nm à 2000 tr/min, sur un rythme qui convient aux balades cheveux au vent. Autre atout majeur de ce moteur, sa consommation qui avec 5,5 litres aux 100 km est une véritable invitation à se jeter sur ce coupé-cabriolet.
Sécurité passive : une deuxième peau chez Renault
Le filet anti-remous commercialisé ultérieurement est assez efficace mais n’empêche pas notre
ceinture
de sécurité de claquer assez sèchement sur notre épaule. Une sensation peu agréable que l’on retrouve mais beaucoup moins marqué sur la Peugeot. Côté tenue de route, la Megane CC en version cabriolet ne déçoit pas. Le tarage des amortisseurs adoptent un compromis idéal entre confort et performance châssis. Notre ESP n’aura que peu d’occasion de s’allumer. Un élément sécuritaire qui en appelle d’autres comme la surveillance de la pression des pneus, l’airbag anti glissement à double prétension ou un arceau mobile qui se déploie sur 13 cm en cas de retournement. La sécurité passive, comme une deuxième peau chez le Losange. Notre arrivée dans une hacienda andalouse se fera en version coupé, très bien insonorisée, le ciel au-dessus de notre tête.
Nous en repartirons avec la version 2.0 16 v avec boîte auto (option à 1100 euros),
découverte cette fois. Là encore, l’esprit balade demeure. Les accélérations avec cette boîte auto sont mesurées avec un 0 à 100 km/h en 11,5 secondes, là où la version boîte manuelle passe sous les dix secondes. Plus agressif ! Cette version 136 ch s’attelle remarquablement à sa tâche, mieux semble-t-il que la motorisation de même cylindrée et de même puissance sur la 307 CC, il est vrai plus lourde. Dotée de son 2.0 16v BA, la Megane CC se révèle toutefois gourmande avec près de 8,5 litres aux 100 km. On comprend l’attrait à venir pour le diesel.
Ligne nerveuse
Rappelons, et c’est une habitude désormais chez Renault, que le client peut construire sa Megane
CC à la carte en choisissant parmi trois ambiances (Authentique, Dynamique et Privilège), trois
niveaux d’équipements (Confort, Sport et Luxe) et trois motorisations deux essence – nous n’avons pas pu tester la 1.6 16v de 115 ch – et une motorisation diesel. Notre version 1.9 dCi Luxe en version Dynamique ou Privilège est affichée à 27 500 euros alors que la version 2.0 16V en version Sport Dynamique en coûte 24 000 euros. Le diesel fait payer cher sa faible consommation à la pompe même si la première version en Confort Authentique est étiqueté sous les 25 000 euros à 24 700 euros. Le prix aussi d’un véhicule d’image. Et justement pour conclure, un mot du design de cette Megane qui balade déjà sa poupe charnue et joliment découpée aux yeux des écoliers. Moins ronde et plus tendue que la 307 CC,
elle ressort avec une ligne plus nerveuse que la très cossue 307 CC. Deux styles finalement assez différents pour des véhicules de même conception. Au goût de chacun, de préférer l’une ou l’autre.
L’une, la Renault plus légère, plus pragmatique avec sa version diesel et sa finition sans fard, l’autre la Peugeot qui conserve une connotation exclusive à cette carrosserie CC qu’elle a pourtant si magnifiquement popularisée avec la 206. La Megane CC se pose en tous les cas comme une sacrée alternative, un poil à gratter bien pensé.
Renault Megane CC 1.9 dCi
| Moteur |
1870
cm3 |
| Puissance |
120
ch à 4000
tr/mn |
| Couple |
300
Nm dès 2000 tr/mn |
| Poids en
ordre de marche |
1425
kg |
| Dimensions
(L/l/h) |
4.35
m/1.77 m/1.40 m |
| Consommation
moyenne |
8.8
l/100 km |
| Vitesse maxi
sur circuit |
200
km/h |
| Emission
de CO2 (g/km) |
146 |
Renault Megane CC 2.0 16v BA
| Moteur |
1998
cm3 |
| Puissance |
136
ch à 5500 tr/mn |
| Couple |
191
Nm dès 3750 tr/mn |
| Poids en
ordre de marche |
1410
kg |
| Dimensions
(L/l/h) |
4.35
m/1.77 m/1.40 m |
| Consommation
moyenne |
8.4
l/100 km |
| Vitesse maxi
sur circuit |
200
km/h |
| Emission
de CO2 (g/km) |
201 |
|