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| Renault : il
y a de l'électricité dans l'air Toujours à l'affût d'informations concernant les véhicules propres, l'équipe de Canal Auto a rencontré Alain Lebourg, directeur du département véhicules électriques chez Renault. En sommeil depuis 1997, la production de véhicules électriques reprend chez le losange en 2001 avec un Kangoo dont l'une des versions à venir bénéficiera d'un prolongateur d'autonomie. Comment se prépare-t-on chez Renault à cette nouvelle échéance et aux autres à venir en terme d'hybrides notamment ? Nous avons posé la question à Alain Lebourg. Interview. Canal Auto : Qu'est-ce qui n'avait pas marché lors du lancement des Clio et Express électriques en 1992 ? Alain Lebourg : Il est évident que l'après-vente était le nud du problème, il n'était pas assuré conformément aux standards Renault. Même si les compagnons, en atelier, avaient la formation nécessaire, ils n'avaient que trop peu d'interventions à effectuer sur ces véhicules de part le faible volume vendu. Vous savez, la formation, lorsqu'on ne pratique pas, est quelque chose de très volatil. Les délais de réparation étaient devenus trop longs.
N° vert international Canal Auto : Début 2001, vous lancez donc un modèle Kangoo électrique, qu'est-ce qui a changé ? Alain Lebourg : La direction générale de Renault a mis en place une structure dédiée à la promotion de la voiture électrique. C'est cette structure que je dirige qui va s'occuper de le vente des Kangoo électriques. Nous allons faire du cousu main avec chaque client, collectivités, entreprises, professions libérales ou particuliers. Nous allons partir à la rencontre de nos clients et faire essayer les Kangoo électriques dès qu'ils le demandent. Pour cela, nous avons mis en place un n° vert International 00 800 220 240 16. Canal Auto : Ca, c'est pour la vente. Quid de la maintenance ? Alain Lebourg : D'abord, il faut savoir qu'une voiture électrique est plus simple d'entretien qu'une voiture à moteur thermique. Pour les menus travaux, le garage Renault le plus proche sera l'interlocuteur idéal. En cas de complication, l'atelier concerné pourra alors immédiatement se connecter via modem aux ordinateurs de Boulogne-Billancourt afin qu'un expert puisse effectuer un diagnostic et, pourquoi pas, réparer le véhicule à distance. En cas d'échec, nous assurons que cet expert sera à même de résoudre le problème sous 48 heures. Nous allons apporter un service maximum au client et prendre en compte son problème jusqu'au bout.
7 francs les 100 kilomètres Canal Auto : Vous vendez, vous réparez. Quel est le rôle du réseau ? Alain Lebourg : Outre la maintenance légère, le réseau est chargé de la livraison et de la mise en main du véhicule qui est une action essentielle. La conduite d'une voiture électrique doit obéir à certaines règles. Des pannes peuvent d'ailleurs subvenir à cause d'une mauvaise utilisation de la voiture. Le rôle du réseau est là, tout à fait prépondérant. Canal Auto : Outre l'amélioration de la maintenance qu'est-ce qui peut encore aujourd'hui faire pencher la clientèle vers une Kangoo électrique ? Alain Lebourg : Son coût, une notion qui va à l'encontre d'une idée reçue. Grâce aux aides de l'Etat (environ 15 000 francs), vous pouvez aujourd'hui toucher une Kangoo électrique moins cher qu'une essence ou une diesel. Ca c'est pour le châssis. D'un autre côté, nous louons au client les batteries moins de 1000 francs par mois, le tarif précis n'étant pas encore fixé. Cependant n'oubliez pas qu'un véhicule électrique vous confère par mal d'avantages : gratuité de la carte grise, de la vignette pour les entreprises, du stationnement en ville etc. Il dispense également du paiement de la taxe sur les véhicules particuliers de société qui s'élève à plus de 7000 francs. En terme de coût d'utilisation, la Kangoo affiche 7 francs aux 100 km contre près de 50 francs pour les voitures à moteur thermique. Au total et sur trois ans, nous avons calculé une économie de 15 000 francs. Canal Auto : Vos objectifs en terme de vente pour l'année à venir ? Alain Lebourg : Difficile de dire. Nous espérons pour 2001 en vendre 2000 en Europe dont 1200 en France.
Un Kangoo à prolongateur d'autonomie Canal Auto : Qu'en est-il du problème de l'autonomie ? Fait-il toujours aussi peur ? Alain Lebourg : C'est vrai que certains clients aiment à être rassurés. Nous les avons écoutés. Un Kangoo à prolongateur d'autonomie va voir le jour en juillet 2001. C'est un produit nouveau. Grâce à son moteur thermique de 500 cm³ deux cylindres quatre temps et son réservoir de dix litres de sans plomb, ce Kangoo aura une autonomie de 250 km. Ce moteur thermique ne sert qu'à recharger les batterie et en aucun cas à faire tourner les roues du véhicule. C'est en tous les cas un élément rassurant pour le client ! Canal Auto : Du nouveau pour la recharge ? Alain Lebourg : Il existe aujourd'hui des petits compresseurs pour des recharges semi-rapides en moins de deux heures. Idéal lors de la pause déjeuner pour les collectivités qui ont plusieurs véhicules. Sinon, il reste la maison pour une recharge en six heures ou les bornes publiques en cinq minutes. Il faut avouer quelles sont encore peu nombreuses. Le groupe Accor en a également sur les parkings de ses hôtels. Canal Auto : Très silencieuses, les voitures électriques représentent-elles un danger en ville ? Alain Lebourg : C'est typiquement le cas du faux problème. Quoiqu'il arrive le piéton regarde avant de traverser, je crois. Et puis, je peux vous dire que le conducteur d'une voiture électrique intègre très vite cette donnée. Il développe une autre mentalité, un autre comportement au volant entre calme et sérénité. Il se veut plus détendu, plus respectueux de l'autre. Le conducteur sait que sa voiture a des limites et il les intègre. Canal Auto : Kangoo électrique est une étape. A quand les hybrides et la voiture à pile à combustible ? Alain Lebourg : Kangoo électrique n'est pas une étape. Elle va perdurer même lorsque les hybrides seront sur le marché. Ces derniers sont attendus en 2004. Il s'agira d'hybrides en parallèles avec deux moteurs : un électrique et un thermique qui font tourner les roues du véhicule, chacun leur tour, lorsque les circonstances le commandent. L'électrique en ville, le thermique sur route. Pour la pile à combustible il faudra attendre la fin de la décennie. N'allons pas trop vite, c'est un enjeu très lourd pour l'automobile. |
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