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Rallye Solaire
On a marché sur la lune, on a roulé sous le soleil Grand week-end solaire à la Cité de l’Espace de Toulouse les 18, 19 et 20 mai derniers. De loin, on voit la fusée Ariane 5, façon « On a marché sur la lune » des Tintinophiles pointer son ogive vers les étoiles. On se rapproche : des expos, des expériences, des conférences sur l’astre solaire mais aussi et surtout l’arrivée du rallye Phebus, « un rallye solaire pas comme les autres » entre Font-Romeu et Toulouse sur deux cents kilomètres de routes sinueuses, entre montagnes et collines pyrénéennes. Loin de toute énergie fossile, les véhicules qui ont pris part au rallye Phebus entre Font-Romeu et Toulouse n’ont utilisé que de l’énergie solaire embarquée ou stockée et fournie initialement par des capteurs solaires fixes. C’est ainsi que des Clio électriques ou des petites voitures type Ligier ont pu prendre part à la fête face à deux sunracers, véritables prototypes de compétition. Mais qu’il est doux le silence de ces voitures électriques dont on n’entend que les caresses des pneus sur le bitume ! Solelhada, vainqueur du Phebus
Ces sunracers sont de véritables ailes noires roulantes qui engrangent directement l’énergie solaire et qui disposent d’un potentiel non dénué d’intérêt. Le proto Hélios fruit du travail d’une école d’ingénieur lilloise a ainsi subi la loi de Solelhada, le proto de l’INP (Institut National de Polytechnique) de Toulouse, également partenaire du rallye. Le Solelhada, sunracer à trois roues, est le grand vainqueur, toutes catégories de ce rallye dont la vitesse n’est pas le critère le plus important. Le rallye Phebus joue plus volontiers la carte de la fiabilité, de la sécurité mais aussi des performances via l’autonomie et les kilowatt-heures dépensés aux 100 km. A ce petit jeu, le Solelhada s’en est le mieux sorti. Et rien d’étonnant à cela ! Il ne pèse que 250 kg et mesure deux mètres de large pour six mètres de long. Pas pratique à stationner en ville ! Mais là n’est pas l’objet de l’opération. La surface de capteurs atteint 8 m² avec un rendement de 16,5%. La puissance générée du moteur atteint 1,4 kW avec des pointes à 5 kW. Solelhada a participé au World Solar Challenge 2001, une course trans-australienne de référence de 3000 km. Son classement 22ème à la vitesse moyenne de 60 km/h. Une vraie F1 du solaire ! La Nuna, la Ferrari des voitures solaires
Mais cependant pas autant que la fameuse Nuna, présente également à la Cité de l’Espace. Ce prototype est la Ferrari des voitures solaires. Elle revendique le statut de championne du monde car c’est elle qui a remporté la World Solar Challenge 2001 à la vitesse moyenne de 92 km/h. Nuna pèse 270 kg. Elle est plus compacte que Solelhada avec 5 m de long pour 1,8 m de large. Nuna dispose de 7,8 m² de capteurs d’un excellent rendement et d’un moteur de 5kW de puissance. Ses performances : 80 km/h à 1000 W et 100 km/h à 1700 W. Vitesse de pointe : 160 km/h. Au volant de Nuna, la charmante Annebel Borgstee, 27 ans. Preuve que ce milieu est loin d’être misogyne. Attendues à la cité de l’Espace par quelques centaines de curieux et de passionnés, ces prototypes solaires, loin d’avoir la prétention de remplacer les véhicules qui fonctionnent avec des énergies fossiles, ont le mérite d’expérimenter des voies nouvelles en terme énergétique. Le CNRS, partenaire de l’opération, voit dans ce type d’expérimentation « une façon de présenter au grand public des véhicules innovants qui disposent d’une technologie éprouvée ». Prochain rendez-vous pour le Phebus en 2004 entre Toulouse et Barcelone pour un rallye européen qui devrait faire date. Réglez vos cadrans solaires !
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