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De la réplique à la construction

« Il faut vivre vite, mourir jeune et faire un beau cadavre ». Cet apophtegme prémonitoire signé James Dean a trouvé sa justification le 30 septembre 1955 à 17h45 sur une route de Californie. James Dean tirait à jamais son chapeau d’artiste au volant d’une Porsche Spyder 550. La légende ! Fou amoureux de course automobile, c’est cependant au volant d’une Porsche 356 Speedster que James Dean, aux côtés de Lew Bracker, Joe Playan et Bill Watkins, assouvissait sa passion des courses et s’est réellement distingué en compétition. Cette voiture de course mythique continue de faire rêver des milliers de passionnés.

Une Porsche de 60 ch

C’est d’ailleurs cette automobile culte qui a été choisie, certainement pas par hasard, par l’entreprise PGO pour être l’objet d’une réplique. Créée il y a une vingtaine d’années par trois frères Pierre, Gérard et Olivier (d’où PGO) Prévot, cette société, installée sur le pôle mécanique d’Alès-Cévennes dans le Gard, s’est spécialisée dans la réplique. L’idée folle du départ était de fabriquer une Cobra en kit. Utopie fantasmagorique ! La société a alors été rachetée plusieurs fois et au fil des rachats, le projet de Cobra a été abandonné au profit de celui plus rationnel de la fameuse Porsche 356 Speedster. Bonne pioche ! 

En 1998, PGO sera reprise par deux « fanas » d’automobile issus du secteur de l’hôtellerie : Olivier Baudouin et Laurent Skrypczak. Ils poursuivent la fabrication de la 356 Speedster et conservent le nom de PGO qui s’est créé, au fil des années, une solide réputation dans le monde fermé de la réplique.

Cette 356 Speedster Classic cabriolet reprend les lignes de sa célèbre aïeule. Côté mécanique, elle est conçue sur une plate-forme de Volkswagen, à savoir le châssis de la Cox fabriquée au Mexique et retaillé de 27 centimètres. Elle reçoit également le moteur 1.6 de 60 ch de cette même Cox. Il est possible de monter la puissance à 70 ch par ajout de carburateur. Une drôle de Porsche qui a défaut d’en avoir sous le capot en jette esthétiquement. Car tout est remarquablement exécuté sur cette voiture réalisée en polyester armé. « Nous faisons quasiment tout nous même, confie Marie-Hélène Combes, responsable de la communication chez PGO. Les garnitures de caisse, les peintures, la pose des moquettes, c’est nous. Nous ne faisons que fort peu appel aux sous-traitants »

Affichée à 150 000 francs soit environ 22 870 euros, cette Classic n’est en fait qu’une étape pour la nouvelle direction de PGO. Cette dernière désire en effet dépasser le stade de la réplique et se lancer dans la construction pure et simple de véhicules avec création de design et de nouveaux moules à la clé. Un bureau de style et un autre de Recherche et Développement ont ainsi vu le jour chez PGO au sein de locaux de près de 10 000 m². Et la nouvelle activité bat son plein.

Excellent rapport poids puissance

La 356 II, deuxième génération, est « belle et bien née ». Elle reprend et conserve la ligne générale de la 356 Classic mais adopte un nouvel empattement de roues, une prise d’essence latérale externe, des pneus larges, des élargisseur d’ailes ainsi qu’un châssis de voiture de sport spécifique conçu par une société de Provence avec réglage et géométrie des trains avant aux petits oignons. Histoire de faire davantage coller le fonds à la forme. Pour la partie mécanique de cette 356 II, PGO a cette fois fait appel au Lion de Sochaux. Cela ne s’invente pas. Après la phonétique, l’industrie a fini par rapproché PGO et Peugeot. La 356 II profite donc de toute la mécanique de la 206 16S – boîte, freinage – et surtout du moteur 2.0 16. Sa puissance passe pour l’occasion de 138 à 150 ch. PGO a opté pour une position centrale arrière ce qui permet de dégager un joli coffre arrière. L’intéressant est de constater que la 356 II rend presque 250 kg à la 206, ce qui laisse augurer d’un rapport poids puissance tout à fait intéressant. Là où la 356 Classic évoquait le plaisir, la 356 II y ajoutera sans nul doute les sensations. Pour l’heure, cette 356 II siglée PGO et disponible à la carte (sièges verts, rouges à la demande), qui devrait s’afficher à 195 000 francs soit environ 29 730 euros, passe la rude épreuve de l’homologation. Une formalité dit-on du côté d’Alès !

Et les projets abondent. Avec par exemple dans les cartons pour 2005, la toute nouvelle 356 RSR, toujours dans le style cabriolet décapotable, clin d’œil à James Dean oblige. Mais cette fois, cette PGO devrait être 100% maison. Elle devrait profiter du moteur de la 307 qui développe 180 ch et ne sera produite qu’à 80 exemplaires. Collector ! 

Les objectifs de vente de PGO pour les prochaines années demeurent réalistes avec 300 véhicules pour 2003, 500 en 2004 et 1000 en 2005. Parmi ces ventes, à noter quelques 80 356 Classic vendues par an. De quoi satisfaire une clientèle qui ont la Fureur de Vivre chevillée au corps.

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