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Rolls-Royce / Maybach

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Du rififi dans le grand luxe

D’un côté, une calandre verticale abrupte et massive tel un rempart infranchissable. Force brute iconoclaste ! Ostentation frontale ! De l’autre, une esquisse plus fluide en quête d’aérodynamique. Fendre l’air plutôt que de s’y opposer. Quand la Rolls-Royce ne peut, par la dureté de ses lignes, cacher son empreinte munichoise et faire oublier ses 5Cliquez pour agrandirm83 de long, la Maybach joue des rondeurs et apparaît, malgré des dimensions tout aussi hors norme (5m72 ou 6m16), plus alerte et moins mastoc. Opposition de styles sur fond de démesure !

La symphonie des V12

Et cette démesure se retrouve partout dans la conception de ces deux grandes dames.

Côté motorisation, les chiffres sont carrément gargantuesques. Chez Daimler-Chrysler un imposant V12 de 5,5L développant pas moins de 550 ch et assurant un couple de 900 Nm de 2300 à 3000tr/min vient se loger sous le capot. Chez Rolls , c’est un V12 de 6,8L affichant un couple de 720 Nm à 3500 tr/min et une puissance de 460 ch qui a été choisi pour porter la belle british.Cliquez pour agrandir

Accusant tout de même de 2660 kg à 2780 kg (en version courte ou longue), la Maybach peut se vanter d’abattre le 0 à 100 km/h en 5,2 sec (5,4 sec pour la version longue 62) et d’atteindre les 250 km/h quand sa rivale pourtant plus légère (2485 kg) ne peut s’acquitter de l’épreuve en moins de 5,9 sec, et coupe son effort à 240 km/h. Qui dit gargantuesques dit forcément appétit sans pareil: l’une comme l’autre avale 15,9 litres en consommation mixte ce qui limite les distances de parcours malgré les 124 litres de carburant que l’on peut embarquer à bord de l’allemande pour seulement 100 litres sur la Rolls-Royce Phantom.

Bref, vous l’aurez compris, côtés caractéristiques techniques la balance penche en faveur de la Maybach.Cliquez pour agrandir

La sécurité n’est pas laissée pour compte, avec pas moins de dix airbags et un système de freinage développé par Mercedes le Senstronic Brake Control pour les Maybach57 et Maybach62. La Rolls-Royce qui peut se passer d’airbags latéraux arrières - les places étant en retrait dans l’habitacle - arbore quant à elle la dernière génération de système anti-blocage à quatre canaux. De la haute technologie !

Du chamallow sous les chaussures et du champagne dans des verres en cristal

Mais laissons la course à la performance aux GT, comme l’Aston-Martin Vanquish ou autre Continental GT et penchons nousCliquez pour agrandir, de plus près, sur ce qui fait le charme de ces limousines : le luxe des équipements novateurs et les petits plus qui démarquent.

Chacune des deux marques propose un équipements de série irréprochable.

Cuir, bois précieux, moquette de qualité se mêlent à merveille et vous plongent dans un espace harmonieux. J’ai testé la moquette de la Rolls, une sensation intense de douceur et de moelleux. Un chamallow sous les chaussures ! 

On retrouve sur les deux modèles tous les équipements multimédia indispensables à qui veut lutter dans cette niche très fermée des Ultra-luxe : Navigation satellite haut débit, lecteurs DVD (option théâtre sur la Rolls-Royce), systèmes Hi-Fi de grandes marques, mais aussi une instrumentation sans lacune proposant climatisatiCliquez pour agrandiron automatique, réglage électrique des sièges, vitres électriques… et quelques aménagements plus insolites comme un réfrigérateur qui assurera le maintien à bonne température de votre meilleur champagne. Dans des verres en cristal s’entend !

Il a neigé sur Yesterday

Dans l’habitacle de la Rolls Phantom pourtant, l’austérité s’impose. Le tableau de bord très massif accentue cette sensation de rigueur perçue au premier abord à la vue du design des garnitures de portes très rectiligne, aux angles très marqués. Où est le kitch anglais ? Seules pointes d’exotisme sur ce modèle très ou trop germanique la présence d’un parapluie logé dans les épaisses portes arrière ou encore l’ouverture suicide des portières. Il pleut souvent sur la City. Il neige aussi sur Yesterday, auCliquez pour agrandir temps où les Rolls étaient vraiment british ! Nostalgie d’une époque !

A bord de la Maybach, les lignes font dans le registre du doux et de l’apaisant. Plus zen, plus Fen Shui ! Seul bémol elle n’offre que deux places à l’arrière, mais ce sacrifice de la banquette a fait place à un véritable meuble central, « La console multifonctions », dans laquelle se niche le minibar, le tiroir à flûtes de champagne en cristal là encore ou le pléthorique équipement audio (chargeur 6 CD,DVD) et deux téléphones. Et la Maybach propose en version longue un toit en verre panoramique que l’on peut occulter par simple pression sur un bouton. L’intérieur est entièrement modulable, en effet la firme annonce, vous ne rêvez pas, deux millions de configurations possibles. Quand on aime, on ne compte pas !

Les français ne s’étaient pas trompés en disant de Wilhem Maybach, fondateur de la marque, venu exposé ses créations à l’exposition universelle de Paris de 1889 qu’il était « le roi des constructeurs ».

Alors Maybach ou Rolls Phantom ? La Maybach semble plus aboutie et plus équilibrée. Elle a été créé sur mesure pour le marché d’aujourd’hui et expose sa modernité à travers sa fluidité. La Rolls doit composer avec son héritage et sa tradition mais aussi sa nouvelle Deustch-touch. Harmonie improbable !

 


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