A l’instar du Berlingo, son frère du groupe PSA, le Peugeot Partner vient de subir
un restylage en tout point bénéfique. Il a gagné une
calandre plus massive et un intérieur plus cossu. Ludospaces en quête de crédibilité, le Berlingo et le Partner sont sur la bonne voie, de plus en plus VP et de moins en moins VU. Mais finalement qu’est ce qui pourrait faire opter pour l’un ou pour l’autre de ces deux véhicules ? A part les inconditionnels de l’une des deux marques, un petit quelque chose peut pourtant faire pencher la balance en faveur du Peugeot
Partner.
Un différentiel léger et astucieux
En effet, sous la très évocatrice appellation Ushuaïa Grand Raid, se cache un équipement léger – à peine quinze kilos – qui permet d’aller un peu plus loin que le bout du chemin et de s’enfoncer dans des terres plus inhospitalières. Il s’agit du différentiel à glissement limité qui sera livré de série lors du lancement du Partner Ushuaïa Grand Raid, puis plus tard en option. Un mot de cette technologie. Le dispositif à glissement limité ou « motricité renforcée » comporte un dispositif de transfert de couple basé sur le
frottemen
t de huit disques disposés en alternance. Ce mécanisme permet de ne pas transférer la totalité de l’effort sur une roue en perte de motricité mais également de diriger une partie du couple vers la roue qui profite d’une bonne adhérence. Le couple est donc limité à 75% sur la roue qui patine et dirige sa force restante à 25% sur la roue qui accroche. Dans ce cas, la voiture possède une motricité suffisante pour se sortir d’un mauvais pas. On ne parle pas de trial extrême bien sûr mais de chemins de vignes rendues délicats par la pluie par exemple. Et la preuve du bon comportement de ce Partner Ushuaïa Grand Raid nous a été donnée sur le terrain de Château Lastours dans les Corbières. Sur les épingles en léger dévers d’un chemin de terre humide à pourcentage respectable, nous avons pu apprécier le travail du différentiel à glissement limité. Alors que le roue intérieure flirtait avec la boue, la roue extérieure trouvait l’adhérence sur un terrain plus sec et plus mordant. Notre Partner du bout du monde - Ushuaïa - s’est acquitté de sa tâche sans broncher. Ce différentiel représente un compromis léger et intéressant face à une préparation quatre roues motrices plus lourde – près de 100 kg – et plus coûteuse effectuée encore et toujours par
Dangel.
Bonne garde au sol et design SUV
Outre le différentiel à glissement limité, le Partner Ushuaïa Grand Raid reçoit également des plaques de protection de trois millimètres d’épaisseur et dispose d’une assiette rehaussée de trois centimètres ce qui porte la garde au sol à 17 centimètres. Un attirail tous chemins fort intéressant combiné à un style extérieur spécifiqu
e ! Partie centrale du bouclier avant peinte, élargisseurs d’ailes avant et arrière, grilles de protection des projecteurs et feux arrière, logo adhésif distinctif, le Partner Ushuaïa Grand Raid se remarque. En prenant de la hauteur, il prend des airs de SUV. Comme quoi, on peut aujourd’hui « frimer » en Partner ! Quid du toit Zéntih, appeler Modutop pour le Berlingo, sur cette version ? Et bien pour l’heure, on nous expliquera que cette option qui, rappelons le, comprend cinq hublots teintés et de vastes espaces de rangement (100 litres), n’est pas disponible sur le Partner Ushuaïa Grand Raid pour des raisons de gravité de la voiture. « Nous travaillons à la mise au point du véhicule avec un toit Zénith. Nous le proposerons une fois que nous serons sûrs de pouvoir l’intégrer sans détérioration des conditions dynamiques » assure un responsable technique de la marque. Toit Zénith + pont à glissement limité, cela faisait peut-être deux trop gros atouts en même temps pour le Partner dont le Berlingo aurait eu à souffrir !
Equilibré dans ses solutions mécaniques et techniques
Pour revenir aux conditions dynamique du Partner, pas grand chose à redire. Les
quatre amortisseurs hydrauliques rehaussées conservent les lois d’amortissement de série pour préserver confort et efficacité. Après avoir quitté les sentes boueuses de Lastours où le couple du 2.0 HDi s’est exprimé à merveille, le Partner a pu faire apprécier sa tenue de cap. Même surélevé, ce Partner se débrouille fort bien sur les petites routes sinueuses des Corbières. Les reprises profitent du couple mais l’accélération - 0 à 100 km/h en 15,6 s – est un peu en dedans. A noter les louables efforts en matière d’insonorisation ! Polyvalent, sympa, le Partner Ushuaïa Grand Raid, par son look, sa capacité de chargement (2,8 m³) et sa technologie légère de pont à glissement limité, est l’ami parfait des loisirs en toute décontraction. Un Partner Ushuaïa Grand Raid pragmatique et équilibré dans ses solutions mécaniques et
techniques, assez cher (18 200 euros) qui devrait donc séduire 20% de la clientèle Partner. Parions que nous verrons plus de Partner Ushuaïa Grand raid sur des chemins difficiles de montagne que de Touareg ou de Range Rover, pourtant oh combien plus armés.